No 55, décembre 2000
lundi 1er octobre 2007
par ContrAtom

Dampierre, vous connaissez ?

Son abbatiale, son vignoble, le célèbre musée du coupe ongle, sans oublier la fameuse soupe servie au café de la mère Catherine...

Et bien malgré tous ces atouts touristiques, je vous déconseille formellement d’aller y passer vos prochaines vacances, on n’est jamais trop prudent ! En effet dans cette merveilleuse région du Loiret, pas si loin de Paris, il y a malheureusement, en plus de toutes les curiosités décrites ci dessus, une installation nucléaire dont le fonctionnement a réussi à donner de l’urticaire à M. Lacoste (Grand manitou à la DSIN - division de sûreté des installations nucléaires - en France). Notre reportage exclusif ! Note de l’éditeur :

LES AMES SENSIBLES SONT INVITÉES A S’ABSTENIR DE LA LECTURE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS.

« Culture de la sécurité »

Chez EDF, l’on se targue d’avoir une culture de la sécurité notamment dans les installations nucléaires. Tous les 2 à 3 ans, chaque centrale nucléaire est soumise à un audit. C’est toute une équipée d’ingénieurs et d’inspecteurs qui passe au scanner l’ensemble des équipements. Dans le cas qui nous concerne, en 1996 déjà, un audit avait pointé des dysfonctionnements… Mais ceci est de l’histoire ancienne, et comme nous allons le voir tout de suite, le vécu est amplement suffisant pour attraper quelques cheveux blancs.

En effet, le dernier audit en date, a été rendu public le 24 août dernier, et a mis en émoi la presse hexagonale, il y avait de quoi :

  • Opérateurs non habilités aux commandes (formations incomplètes).
  • Blocage du signal d’alarme.
  • Encadrement désorganisé.
  • Les règles de sécurité ne sont plus assurées notamment dans les lieux névralgiques de la centrale.
  • Des personnes rencontrées n’avaient qu’une connaissance approximative ou erronée des modes de fonctionnement du site.
  • Rejet d’huile « très faiblement contaminée » dans la Loire.

Conclusions de l’audit

Les conclusions de cet audit effectué par 25 ingénieurs et 15 inspecteurs, le 7 juillet dernier, sont pour le moins explicites. Le 28 septembre, devant le personnel, M. Lacoste a même menacé cette centrale de fermeture si d’ici le prochain audit fixé au printemps 2001 les choses ne se sont pas nettement améliorées.

En plus, cette situation ne semble pas être nouvelle, l’audit de 1996 comme on l’a vu, faisait déjà état de « dysfonctionnements », des « écarts par rapport aux autres centrales » avaient été constatés et un plan d’action mis en œuvre fin 1999, manifestement sans grand effet. En 1999, ce ne sont pas moins de 43 incidents qui ont été déclarés, et pour cette année nous en étions à 32 dont 1 au niveau 2 de l’échelle au 29 septembre.

C’est effarant, cette centrale semble être gérée comme pourrait l’être une fabrique de yo-yo ! Selon les organisations syndicales (compte rendu d’une réunion de celles-ci avec M. Lacoste), il y a d’énormes problèmes internes :

  • Une réorganisation depuis 1998 qui ne semble plus arrêter de réorganiser partiellement (maintenance, conduite, tertiaire), ceci imposé sans concertation semble plus contribuer à désorganiser et à faire perdre les références du personnel.
  • Les effectifs dans certains services stratégiques sont en déficit chronique.
  • La direction n’écoute pas le personnel, mais passe « en force »
  • Il y a de graves problèmes de rotation, (depuis fin 97, tout le collège de direction et quasiment tous les chefs de service ont changé).

Au nom du pognon

Je ne sais pas s’il est encore nécessaire de faire des commentaires. Nous sommes devant l’éternel problème de l’être humain prêt à tout et n’importe quoi afin de toucher sa paie de fin du mois, que fait la police, que font les syndicats, que fait-on ?

Raymond Beffa