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Articles par thèmes :
Déchets - Retraitement
Articles par pays :
International
Journal par No :
No 60, septembre 2001
Auteurs :
Anne-Cécile Reimann
No 60, septembre 2001
Publié le samedi 29 septembre 2007

Mobilisation internationale contre l’enfouissement des déchets nucléaires : ContrAtom était à Bure

23 juillet 2001, une terrasse de bistrot à Plainpalais : je récupère ! Un copain se pointe : « j’suis déçu, tu n’es pas couverte de sparadraps, t’as pas été à Gênes ? Tout le monde se bouge et toi tu restes tranquillos à Plainpalais ? T’es pas gênée ! » - « Eh bien non, je ne suis pas gênée de ne pas avoir été à Gênes, parce que moi, pendant qu’ils étaient tous à Gênes, j’étais à Bure ! » - « A Bure, t’as un petit copain qui fait son école de recrue là-bas ? Dis donc ma vieille, c’est plus de ton âge ces trucs-là ! » - (je commence à m’énerver) « Pas à Bure dans le Jura, à Bure dans l’est de la France entre Joinville et Neufchâteau (Haute-Marne/Meuse). Tu n’es pas abonné à ContrAtom ? »

Depuis le temps que je me tue à vous expliquer que là-bas, à Bure, il se passe une chose épouvantable : un centre d’enfouissement de déchets radioactifs en couche géologique profonde (-500m) est en cours de construction. Ce centre, pudiquement appelé « laboratoire d’étude » par les pouvoirs publics se fait dans un mépris total de la démocratie et de la santé des citoyens. L’enfouissement des déchets hautement radioactifs est une solution immonde et inacceptable pour les générations futures, mais c’est cependant celle que privilégient actuellement les nucléocrates de tous bords pour résoudre le casse-tête insoluble que leur pose la gestion de ces diaboliques déchets nucléaires. On creuse et l’on cache dans les entrailles de la terre ce que l’on ne peut assumer !

L’enjeu est de taille car derrière cette « soi-disant » solution, se profile la relance du programme électronucléaire français dans les pays en voie de développement vantée comme solution énergétique propre !

A Bure, donc, discrètement mais sûrement le trou avance ! Après sept mois de travaux, l’avant puits de 50 mètres est achevé et pour atteindre les 500 mètres prévus pour la mise en place du fameux laboratoire, un équipement lourd est en cours d’installation. D’après les prévisions de l’ANDRA (Agence chargée de la gestion des déchets radioactifs) la première niche d’étude dans l’argile sera prête à l’été 2002 et la première galerie en 2003. Il restera alors 3 ans avant la décision du parlement français prévue en 2006.

Malgré l’avance des travaux, la lutte continue, s’organise et s’amplifie. Le cri d’alarme lancé par les opposants de la région a été entendu ! Bure n’est plus seule ; partout en France on se sent concerné et c’est pourquoi, cette année, l’été contre l’enfouissement à pris une tournure nationale, voire internationale. En plus de la semaine du camp sur le site, à Bure (qui a eu lieu du 21 au 29 juillet), des mouvements vers Bure se sont mis en marche, à pied, à vélo, en voiture, non seulement de France, mais aussi d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie et de…Genève, avec pour but d’exprimer la ferme opposition aux projets de pseudo laboratoires qui fleurissent en peu partout. C’est donc dans cet esprit qu’une poignée de ContrAtomistes a décidé de converger elle aussi vers Bure.

L’organisation du voyage fut à elle seule plus qu’épique, car Bure c’est pas la porte à côté et il fallait compter avec les accessoires : la brouette de déchets radioactifs, les panneaux jaunes indispensable à toute manif, les coiffes centrales nucléaires, les combinaisons de décontamination, etc. En définitive, notre petit groupe s’est scindé en trois convois : par train, voiture et autocar. J’ai opté pour la solution autocar en me joignant aux antinucléaires lyonnais. Mais première difficulté : il fallait d’abord gagner Lyon. En train, avec la brouette, il ne fallait pas y compter et ma 2CV n’arrive plus à 60 Km/h et encore faut-il descendre pour la pousser dans les montées ! Alors, je n’ai pas hésité à acquérir une nouvelle 2CV spécialement destinée aux manifs à l’étranger. Après avoir été décorée des traditionnels signes antinucléaires, elle était fine prête à affronter le grand voyage, mais encore fallait-il trouver un coéquipier. Pas question de partir seule, avec mon sens de l’orientation, je n’aurais jamais trouvé Lyon et la Place Bellecour ! Par chance, Cyril a été d’accord de m’accompagner, quelle aubaine ! Le pauvre a dû s’armer de patience : nous avons mis plus d’une heure pour sortir du canton de Genève, car il a d’abord fallu faire une tournée « gamelles-chats » avant de partir (pas question de laisser jeûner les greffiers du canton pendant que je pars tranquillement en week-end !) Ensuite, il a fallu trouver une douane sans douanier car je vous rappelle qu’on était en plein Gênes, et que nous craignions que le copain Baer ne nous ait signalés comme dangereux opposants : il aurait bien fallu qu’on saisisse la brouette à la douane ! Arrivés à Lyon, fini les soucis, nous n’avions plus qu’à nous laisser porter jusqu’à Bure par le bus affrété par nos amis les antinucléaires lyonnais.

Durant le voyage, nous avons eu le plaisir de renouer avec nos amis du « Réseau sortir du nucléaire » que nous avions un peu perdu de vue depuis la fermeture de Superphénix. Ils nous ont expressément recommandés d’être présents... le 20 octobre à Lyon à 14 h à la place Bellecour pour la manif « Sortons de l’âge du nucléaire » (vous notez SVP !).

De notre côté, nous leur avons exposé nos problèmes face à la relance du nucléaire à travers le projet de loi pronuc du Conseil Fédéral. Le temps du voyage passa agréablement : partis à 6 h 30 de Lyon, à 11 h nous étions à pied d’œuvre à Bure. Grâce aux panneaux jaunes, signe de ralliement, les ContrAtomistes se sont retrouvés dans la foule.

Sur place, environ un millier de manifestants, une foule fervente et chaleureuse. On attend l’arrivée des convergences pédestres et cyclistes ! Les contacts sont cordiaux et faciles. Notre brouette de déchets radioactifs suscite mille commentaires et remporte un franc succès. Nous sommes questionnés : - « Alors, chez vous, avec le laboratoire du Mont Terri, ils en sont où ? » Le rouge me monte au front ! Le mont Terri où ça peut bien se trouver ? » L’arrivée des marcheurs fait diversion mais je me promets de me renseigner dès mon retour à Genève ! Les voilà donc, ces marcheurs à toute épreuve en route depuis le 17 juin, partis de Lascaux, lieu hautement symbolique qui nous renvoie à la question : « et nous quels signes allons nous laisser aux générations futures ? » Je n’ose y songer ! Après les marcheurs, c’est l’arrivée des cyclistes : ceux de l’Aveyron, partis le 8 juillet de Sanvensa, puis ceux du Finistère et de la Vendée, partis le 11 juillet, et enfin les pédaleurs venus d’Allemagne et d’Autriche, puis, à pied, un groupe d’élus locaux, les bons, ceux qui ont pris résolument partis contre l’enfouissement. S’ensuivent les traditionnelles prises de paroles : en votre nom, j’apporte le salut, la solidarité et l’amitié de ContrAtom. C’est bien apprécié ! Un mur de pierres est monté contre le grillage du chantier. Les panneaux jaunes sont de la partie. Les photographes s’en donnent à cœur joie ! L’après-midi s’écoule à la vitesse grand V, c’est déjà le moment de remonter dans le bus, via Lyon, tandis que les campeurs s’apprêtent à vivre une semaine de résistance antinucléaire sur place, au programme actions d’information, actions non violentes, temps festifs, etc…

De retour à Genève, je serine les ContrAtomistes internautes pour qu’ils me sortent un maximum d’infos sur nos laboratoires souterrains. D’après mes premières investigations, je peux vous dire qu’en Suisse on n’est pas en reste : ça creuse un peu partout pour dénicher les roches d’accueil argile opalines ou cristallines aptes à accueillir nos tonnes de déchets radioactifs car, c’est de notoriété publique, tous les rapports officiels le clament : nous sommes sur le point de trouver une solution définitive à la gestion des déchets nucléaires ! Une fois cette croyance ancrée dans la tête des gens, les nucléocrates auront beau jeu d’imposer l’option nucléaire en tant que source d’énergie économique et propre pour l’avenir !

A nous de faire toute la lumière sur cette imposture ! A nous de convaincre nos concitoyens qu’il n’y a pas de solution aux problèmes des déchets ! De notre force de conviction dépendra notre succès aux futures votations sur nos initiatives « Sortir du nucléaire » et « Moratoire Plus ».

Amis antinucléaires, aidez-nous à accomplir cette mission !

Anne-Cécile Reimann

 
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