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No 52, avril 2000
Publié le samedi 29 septembre 2007

Pierre Vanek :

Bernard Engel :

Anne-Cécile Reimann :


Après la surgénération le retraitement : Sellafield sur le chemin de Malville ?

La compagnie britannique British nuclear fuels (BNFL) exploite, entre autres, l’usine de retraitement de combustible nucléaire de Sellafield, aujourd’hui en crise. Cette installation pourrait prendre le chemin qu’à connu Superphénix...

Particulièrement polluante, comme d’ailleurs l’usine française de La Hague, celle-ci rejette depuis de longues années, malgré les protestations des riverains et des défenseurs de l’environnement, des quantités importantes de radioactivité en mer d’Irlande. A l’évidence cette usine doit être fermée, c’est un impératif écologique incontournable qu’a réitéré par exemple récemment le gouvernement irlandais, parmi d’autres, sous pression d’une opinion publique de plus en plus hostile.

Fermer ou privatiser ?

Or, plutôt que de s’engager dans cette voie le gouvernement de Tony Blair a poussé cette entreprise, aujourd’hui propriété de l’Etat à 100%, sur le chemin d’une vente de 49 % des actions au secteur privé, transaction juteuse qui devait être accomplie avant les prochaines élections et « rapporter » plus d’un milliard et demi de livres sterling. Ces plans, selon le porte-parole du gouvernement britannique en la matière, seraient devenus d’abord « plus un souhait qu’une exigence », pour être récemment enterrés, pour plusieurs années du moins.

MOX : Danger public !

En effet, BNFL est au centre depuis quelques mois d’un nouveau scandale majeur lié notamment à son installation pilote de production de combustible MOX, dite Mox Demonstration Facility (MDF), dans laquelle on « recycle » du plutonium extrait lors du retraitement de combustible nucléaire déjà « brûlé », pour le faire repartir pour un tour dans les centrales atomiques. Le MDF est, comme l’indique son nom, le précurseur d’une installation à plus grande échelle, dite SMP, en attente d’une autorisation d’exploiter. Le combustible MOX, dopé au plutonium issu du retraitement, accroît de manière significative le risque dans les centrales qui l’utilisent et qui n’ont d’ailleurs pas été conçues à cet effet.

Faux et usage de faux

Mais, au-delà de ce problème général, systématiquement escamoté par les nucléocrates, BNFL a ces derniers temps été pris en flagrant délit de falsification répétée de données concernant le contrôle de qualité d’assemblages de combustible MOX livrés au Japon, en Allemagne et en Suisse (pour la centrale de Beznau I). Un rapport exceptionnellement sévère de l’autorité de sûreté britannique (NII) est venu confirmer l’ampleur et l’échelle des falsifications. Devant une commission de la Chambre des communes le directeur de cette institution est même venu dire qu’un ordre de fermeture serait exécuté à brève échéance à moins de mesures particulièrement drastiques de réorganisation de la gestion de l’usine et de changements radicaux dans une « culture de sécurité » qui considérait les falsifications de données comme acceptables. Malgré les efforts frénétiques de relations publiques de BNFL, cautionnées par les autorités britanniques qui ont octroyé (contre payement) des couvertures diplomatiques aux émissaires de la compagnie, au Japon par exemple, les perspectives d’un retour au « business as usual » pour BNFL à Sellafield semblent sombres.

Les rats quittent le navire

En Allemagne, la centrale d’Unter-weser a dû être arrêtée à fin février pour en retirer le MOX et le remplacer par du combustible ordinaire. L’exploitant de ce réacteur PreussenElektra réclame d’ailleurs des dommages et intérêts pour cet arrêt forcé. Le gouvernement allemand a quant à lui suspendu « pour longtemps », selon ses propres termes, toute importation de combustible dopé au plutonium en provenance de Grande Bretagne. Au Japon, principal client potentiel en matière de MOX, on exige que BNFL reprenne l’ensemble de la « marchandise » qu’elle a livrée il y a six mois. Une opération de retour qui pourra prendre des années à organiser. Le navire ayant livré cette cargaison douteuse avait en effet dû être accompagné d’une escorte de vaisseaux de guerre pour protéger sa cargaison, et le plutonium qu’elle incorpore, contre un éventuel détournement, et l’ensemble de ce transport dangereux avait fait l’objet de mobilisations importantes de protestation aux diverses étapes de son déroulement. Ce nouveau scandale porte un coup supplémentaire à un lobby atomique nippon déjà frappé par le grave accident nucléaire dans l’usine de Tokaimura en septembre dernier, qui est venu décrédibiliser encore plus une industrie « victime » d’un accident sérieux (feu de sodium) dans son surgénérateur Monju, à l’arrêt depuis plusieurs années et en bute à une opposition populaire croissante. Même les clients britanniques de BNFL, notamment la compagnie British Energy , sont en train d’envisager de ne plus avoir recours au retraitement et ont par ailleurs rendu public des défauts dans le combustible qui leur a été livré par BNFL.

La Suisse en dernier

En Suisse, le Conseil fédéral a décidé récemment de continuer à exporter des déchets pour retraitement jusqu’au terme des contrats passés en la matière. « Nos » autorités de surveillance du nucléaire ont été cependant contraintes d’admettre également le problème, en confirmant notamment qu’elles avaient, en 1996 déjà, dû retourner des éléments de MOX fournis par BNFL, tout en tentant dans un premier temps de minimiser l’affaire en déclarant que les « anomalies » n’apparaissent pas comme le fruit de falsifications délibérées ...mais « simplement » celui de « mauvaises méthodes de travail ou d’incompétence » ! Dans un deuxième temps la Division principale de sécurité des installations nucléaires (DSN/HSK) a interdit le 23 mars dernier le transport de tout combustible suisse vers Sellafield, faisant de la Suisse le dernier client étranger significatif à suspendre ses échanges avec l’installation incriminée.

Envisager l’impensable ?

Ces déclarations initiales de la DSN rejoignent la première ligne de défense de BNFL, mettant en cause la soi-disant responsabilité individuelle de travailleurs, dont cinq ont été licenciés comme boucs émissaires et font recours devant les tribunaux. Mais à l’évidence, la pleine responsabilité de l’ensemble de ce scandale, dont des nouvelles facettes sont révélées chaque jour, revient doublement au gouvernement ...néo-conservateur britannique, qui non seulement s’oppose pied à pied aux exigences légitimes de fermeture définitive des installations de Sellafield, mais qui s’était manifestement donné comme seule boussole en la matière une tentative, qui apparaît maintenant comme désespérée, de rentabilisation financière maximale des activités douteuses de BNFL ainsi que de privatisation intégrale du nucléaire. Entreprise que les gouvernements conservateurs successifs n’avaient pas quant à eux réussi à accomplir. Quoi qu’il en soi l’avenir du retraitement, après celui de la surgénération, dont Superphénix était le porte-drapeau, semble sombre, le président même de BNFL, Hugh Collum, a déclaré récemment que sa compagnie devrait « envisager l’impensable » soit de renoncer au retraitement en faveur d’une option de stockage des déchets.

Pierre Vanek

Déconvenues de BNFL aux USA également

BNFL a acheté récemment la compagnie américaine Westinghouse et a mis un accent important sur les contrats, évalués potentiellement à hauteur de 55 milliards de livres sterling, portant sur le « nettoyage » de multiples sites militaires gravement contaminés aux USA. Les contrats en cours portent sur 6 milliards de livres, mais le secrétaire américain à l’énergie vient de déclarer, suite notamment à une pétition d’une coalition de 46 groupes de défense de l’environnement, que c’en était fini du « Business as usual » avec BNFL. Un premier contrat vient d’être annulé concernant une installation qui devait compacter des déchets radioactifs et en incinérer d’autres à 160 km en amont des vents principaux qui balayent le parc national de Yellowstone... (pv)

Mais BNFL fera quand même la bombe...

La seule « bonne » nouvelle pour BNFL vient du ministre des forces armées britanniques qui confirmait récemment, malgré les réserves de l’Agence environnementale britannique, que cette compagnie se verrait confier à partir du 1er avril (avec deux autres compagnies dont Lockheed Martin) l’exploitation de la fabrique d’armements nucléaires britanniques à Aldermaston, à moins de 80 km de Londres, à propos de laquelle The Observer avait publié des révélations particulièrement alarmantes à la fin de l’année passée (v. ContrAtom No 51) portant notamment sur un incident qui a failli tourner à l’explosion nucléaire. A l’ordre du jour des nouveaux exploitants des suppressions d’emploi massives en vue de rentabiliser l’installation... (pv) L’usine de Sellafield est située sur le site d’un des plus important accident nucléaire civils d’avant Tchernobyl, un incendie en 1957 dont les conséquences ont été longtemps occultées et ont conduit à un changement de nom, de Windscale en Sellafield, pour tenter d’en effacer jusqu’à la mémoire.


Le retraitement sous les feux ...de l’OCDE

Greenpeace a rendu public le 31 mars un rapport - encore confidentiel - de l’Agence pour l’Energie Nucléaire de l’OCDE portant sur l’impact radiologique du retraitement de combustible nucléaire. Ce rapport représente une tentative de comparer l’impact des deux « cycles » nucléaires, l’un avec un passage unique en réacteur du combustible, suivi de son stockage, l’autre comportant le retraitement de celui-ci. Les données chiffrées de ce rapport confirment ce que nous disons depuis longtemps, soit que la fin du retraitement réduirait de manière significative la charge radioactive sur l’environnement, notamment l’émission de décharges radioactives dans l’Atlantique et qu’il réduirait significativement les doses de radioactivité encaissées par le public. Selon le rapport en question le supplément de doses lié au retraitement serait de l’ordre de 80%. En fait, selon une évaluation critique du rapport par un universitaire britannique, responsable du centre d’étu-de des problèmes énergétiques de l’Université du Sussex, le facteur devrait en fait être bien supérieur. En effet, le calcul est basé sur des données d’émissions liées à un processus de retraitement réellement existant qui n’est que très partiel du fait des problèmes multiples que connaît cette industrie. Le rapport de Greenpeace et une analyse de celui-ci sont disponibles sur le site www.greenpeace/ odumping. Il vient à point pour apporter de l’eau au moulin des résolutions déposées par le gouvernement irlandais et danois, qui seront soumises en juin à la conférence de l’OSPAR, organisme censé contrôler la pollution marine dans le Nord Est de l’Atlantique, institué par la convention internationale dite Oslo-Paris en 1992 signée par quinze Etats. Ces deux résolutions, en principe contraignantes si elles étaient adoptées, demandent l’une l’arrêt définitif et l’autre la suspension du retraitement à Sellafield. Selon la responsable scientifique de Greenpeace en Grand Bretagne, Helen Wallace, non seulement cette usine rejette 8 millions de litres d’effluents radioactifs liquides par jour, mais les fonds marins aux environs de l’usine sont suffisament contaminés pour être considérés eux-mêmes comme des déchets radioactifs.

Pierre Vanek

sources : Wise 7.4.00 / agences..


Déroute du MOX : vers un remake dans l’Hexagone ?

Le MOX britannique n’est pas le seul à poser problème. En effet, le 29 mars le gouvernement allemand ordonnait une vérification des stocks de MOX de toutes les centrales allemandes utilisant ce combustible en provenance de l’usine de la COGEMA à Cadarache dans les Bouches-du-Rhône. Il cherchait en outre à savoir si des « irrégularités » s’étaient produites dans des centrales en Basses Saxe, en Bade Wurtemberg et en Bavière qui « brûlent » du MOX en provenance de l’Hexagone. La ministre de l’environnement Dominique Voynet admettait dans le même temps qu’il y avait en effet eu des « problèmes » à Cadarache. Selon des reportages TV allemands, la COGEMA aurait découvert des erreurs dans les contrôles de qualité informatiques des ingrédients entrant dans son MOX. La COGEMA se défend en avouantqu’il y aurait eu des problèmes dans un logiciel enregistrant les données statistiques du processus de contrôle de qualité ...mais en affirmant - paradoxalement - que les contrôles eux-mêmes se sont déroulés normalement. La compagnie Siemens qui joue les intermédiaires entre COGEMA et les exploitants de centrales allemandes reconnaissait quant à elle que seule des données portant sur un échantillonnage de 60 pastilles de MOX sur 7000, plutôt que sur les 100 sur 7000 prévues avaient été fournies par la COGEMA. Bayernwerk, admettait quant à elle que des problèmes existaient concernant un lot de combustible importé de Cadarche en décembre pour sa centrale ISAR-2. A ce stade le message de la COGEMA se veut rassurant en indiquant que leurs petits problèmes n’ont « rien à voir » avec le scandale que connaît son homologue britannique BNFL ! A suivre...

Pierre Vanek

PI/AP/Dow Jones 30.3.00 & WISE du 7.4.00


Nos casseroles contiendront-elles des déchets nucléaires ?

Les auteurs de science-fiction peinent à délirer autant que les responsables nucléocrates… Réjouissez-vous, bonnes gens, car le progrès technologique vient une fois de plus frapper à votre porte ! Bientôt, si tout va bien, nos ustensiles ménagers comprendront une part de matériaux « faiblement » radioactifs recyclés, et ce en toute légalité !

Pas chez nous ?

Enfin, c’est en Europe que ça se passe, pas chez nous, vous pouvez donc dormir tranquilles, c’est bien connu, aucun objet manufacturé en Europe ne se vend en Suisse. Donc, le 13 mai 1996, la Commission européenne adoptait une directive dite « Euratom ». Cette dernière prévoit entre autres fantaisies :

    • 1.La possibilité d’existence d’un faible taux de radioactivité dans les biens de consommation courante ;
    • 2.L’exemption de tout contrôle d’une partie des installations qui mettent en oeuvre des substances radioactives (en dessous d’un « seuil de libération ») ;
    • 3.Le recyclage dans le domaine public des déchets issus du démantèlement des installations nucléaires.

Cette amusante directive doit être transposée dans les droits nationaux européens avant le 13 mai 2000. En France, le réseau Sortir du nucléaire et la CRII-RA1 mènent campagne pour informer et combattre ces dispositions. On relèvera particulièrement, une fois de plus, le côté « apprenti-sorcier » de ces mesures, qui reposent sur le postulat qu’il existe des seuils de radioactivité « tolérables ». Depuis les débuts du nucléaire, ces seuils ont sans cesse été revus à la baisse. Et ce n’est pas fini. Il n’existe pas de radioactivité inoffensive. Il y a juste des niveaux où le risque est moins élevé.

Alors, concrètement, on estime désormais qu’en dessous de ces seuils, on peut utiliser des déchets faiblement radioactifs pour les utiliser pour fabriquer, par exemple, des casseroles.

On voit immédiatement l’avantage : équipée de casseroles atomiques, la ménagère (ou le ménager, y’a pas de raisons) pourra cuire son riz SANS ALLUMER SA PLAQUE ! La casserole atomique, c’est le four micro-ondes, sans le four ! Saluons ici une fois encore les apports décisifs au progrès humain apportés par l’industrie nucléaire. Trêve de n’importe quoi. Mais comment traiter autrement que par la dérision des décisions aussi inconséquentes et cette perpétuelle fuite en avant ? Une seule autre solution que le cynisme caustique : réagir. Une information précise et complète, ainsi que des cartes postales à adresser au gouvernement français pour l’inviter à revoir sa copie, sont disponibles auprès du réseau Sortir du nucléaire ou de la CRII-RAD (contacts ci-dessous). Nous ne pouvons que vous encourager plus que vivement à participer à l’action. Pas de radioactivité dans nos cuisines !

Bernard Engel

1 : Laboratoire indépendant de recherche et d’information sur le nucléaire

Contacts :

Réseau Sortir du nucléaire

9, rue Dumenge F - 69004 Lyon

http.//www.sortirdunucléaire.org

CRII-RAD

471, av. Victor-Hugo F - 26000 Valence

http://www.criirad.com


Des nouvelles des fronts de résistance aux déchets

En mai 1998, une délégation de ContrAtom quittait Plainpalais avec armes et bagages pour se rendre au Rassemblement européen contre l’enfouissement des déchets nucléaires et participer à une action baptisée « Terre vivante », à Bure, dans la Meuse. Bure : site pressenti pour accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs. Bure : une nature tellement préservée, harmonieuse et belle qu’on avait du mal à imaginer qu’on puisse songer à y déposer des déchets nucléaires ! Moment d’émotion... Je me souviens d’un moment très émouvant de la manif : celui de l’arrivée des tracteurs des paysans du coin qui se mirent à labourer un champ dans lequel chacun des manifestants sema une poignée de grains de blé : « 100.000 grains de blé contre les déchets nucléaires », histoire de rappeler que la terre est faite pour donner la vie et non pour accueillir des poubelles nucléaires ! Nous gardons au cœur le souvenir de cette manif qui nous a fortement impressionnés, comme si nous venions de prendre soudain conscience de manière plus palpable de l’immense péril que représentent ces déchets nucléaires qui s’accumulent partout dans le monde, ces déchets monstrueux dont personne ne veut, dont on ne sait que faire et que nous nous apprêtons à fourguer allègrement aux suivants. Bel héritage ! Et à Bure, où en est-on ? Côté résistance : bonnes nouvelles, les opposants continuent à se battre comme des beaux diables et multiplient les actions de résistance. Côté terrain, c’est pas la joie : après l’autorisation, en août 99, d’un site destiné à préparer un stockage en grande profondeur à Bure (site acheté aux élus de la Meuse à coup de millions), les travaux de construction du « laboratoire » démarrent (c’est en effet sous cette pudique appellation que se cache le futur site d’enfouissement des déchets nucléaires !). Occupation Les résistants ont occupé le chantier les 18 et 19 mars dernier et prévoient une occupation plus longue pendant l’été. Ils souhaitent faire de Bure « un nouveau symbole national de la lutte contre la pieuvre nucléaire, à l’exemple de Superphénix ou de La Hague ». « Chaque minute que vous donnez à cette cause est précieuse », clament-ils. C’est un investissement. Et c’est l’addition de toutes ces luttes, des plus infimes aux plus visibles, que nous engageons contre la filière nucléaire qui nous fera gagner ! » Qu’ils ont donc raison, nos amis de Bure ! La gestion de notre terre n’est pas l’apanage des seuls technocrates, politiciens ou économistes. Nous aussi, habitants de la planète, avons notre mot à dire. Nous aussi faisons l’histoire. La terre, c’est notre affaire à tous et il ne sera pas dit que nous la laisserons ficher en l’air pour un peu d’électricité ! Pendant ce temps en Suisse... Curieuse coïncidence, tout en écrivant cet article, j’entends à la radio que M. Leuenberger vient de rencontrer les autorités du Wellenberg (Nidwald) pour débattre de l’éventualité d’enfouir les déchets faiblement et moyennement radioactifs dans leur sous-sol. Et si la population refusait, comme elle l’a déjà fait en 1995 ? Et si les autorités fédérales décidaient de passer outre ? Quelle résistance ? Bure, Wellenberg, deux paradis terrestres, choisis comme ça par un coup du sort pour servir de dépotoir à la folie nucléaire ! Cessons d’en produire ! Pourtant, ces déchets, il faudra bien cesser d’en faire ! Ces centrales nucléaires, il faudra bien les arrêter ! Prendre le prétexte que tout est réglé par la technique de l’enfouissement des déchets pour continuer à exploiter tranquillement les centrales nucléaires, relève d’une monstrueuse hypocrisie ! En Suisse, on parle maintenant d’un délai illimité d’exploitation ; en France, c’est pire encore : on envisage le remplacement des centrales arrivées en fin de vie ! Mais la résistance s’organise ! Partout les populations se mobilisent pour refuser les projets d’enfouissement des déchets radioactifs. En Bretagne, les résistants sont particulièrement actifs : 5000 manifestant-e-s dans le Finistère ; 2000 manifest-ant-e-s à Dinan, dans les côtes d’Armor... Ça bouge, les citoyen-ne-s prennent leur destin en main ! Ne comptons pas sur les pouvoirs politiques en place pour nous sortir de la gonfle ! Seule une résistance citoyenne parviendra à nous faire sortir du nucléaire. Amis antinucléaires : debout ! L’avenir de notre terre est en jeu ! Mondialisons la résistance au nucléaire !

Anne-Cécile Reimann


Sauve qui peut, les déchets nucléaires sont de retour !

Ben, on est frais, v’là les déchets qui reviennent ! Quelle poisse ! On était bien peinards avec nos cinq centrales atomiques propres en ordre, distillant une énergie sans pollution et tellement bon marché !

Cette histoire de déchets, on l’avait quasiment enterrée. Dès le début de l’exploitation des centrales, on avait trouvé la parade : d’abord au fond des mers, ni vu, ni connu, un truc bien commode, si commode, qu’on avait été l’un des derniers pays à cesser cette honteuse pratique ! Puis, le retraitement, via La Hague ou Sellafield, ça c’était le bon filon ! Qui dit retraitement, dit éloignement pendant des années, ça pouvait durer jusqu’à 25 ans ! Et puis, un jour, l’illusion prend fin : ces déchets existent réellement... et ils reviennent ! Le premier convoi est prévu pour octobre 2000. Les autres vont suivre ainsi pendant 10 ans, environ 30 convois, avec chaque fois un ou deux conteneurs de 120 tonnes chacun. A ces déchets rapatriés, s’ajouteront les déchets qui vont encore être produits par nos cinq centrales dans le futur. Face à cette montagne de déchets, on se gratte la tête en haut lieu. Moritz commande un rapport à des experts indépendants (encore heureux qu’il n’ait pas choisi des types maqués avec le lobby nucléaire ! ) Et des cogitations, ressort le mode d’emploi suivant : - stockage géologique durable mais sous contrôle réversible pendant au moins une centaine d’années. On ne ferme pas hermétiquement les cavernes et on laisse libres les galeries et les puits d’accès. Comme ça, on peut aller guigner, prendre des nouvelles, voir comment ça va, si ça suinte ou non, s’il y a des fuites ou non, surveiller, quoi ! Passé ces cent ans, à nos descendants de jouer ! Que décideront-ils de faire de ce chouette héritage ? Sceller définitivement le puits à merde et Inch Allah ? Ou alors, comme dans l’histoire de la Belle au bois dormant, aura surgi entre-temps un beau prince charmant très intelligent détenteur de la formule magique pour éliminer la radioactivité des déchets. Il sera alors temps de les ressortir de leur trou afin de leur appliquer le traitement miracle propre à les rendre aussi inoffensifs qu’un nouveau-né ! Pas plus compliqué que ça ! Ouf, je respire, on tient enfin le problème par le bon bout ! Les déchets ? Quels déchets ? Qui a parlé de déchets ? La question est réglée, ce n’est plus notre affaire, les suivants n’ont qu’à assumer leurs responsabilités, après tout ! Arrêter les centrales ? Ca va pas la tête ? Puisqu’on vous dit que le problème des déchets est résolu !

Anne-Cécile Reimann


Rires irradiés ?

Posséder un moral à tout casser : voilà une des qualités indispensables pour participer à la rédaction du journal de ContrAtom, les nouvelles concernant le nucléaire étant toutes plus démoralisantes les unes que les autres ! Il faut chercher longtemps pour trouver un truc rigolo à se mettre sous la dent !

Vendons : pièces de rechange pour vos centrales...

Y a pourtant une annonce sur Internet qui m’a bien fait marrer : c’est la maison SAMCO qui offre sur son site des pièces de rechange d’occasion pour centrales nucléaires. Donc si vous avez des problèmes avec vos centrales nucléaires, vous tapez www.nuclear.surplus.com et vous passez commande, pas plus compliqué que cela ! Quand je pense au fourbi que je dois faire pour trouver des pièces de rechange pour ma 2CV ! Le monde est vraiment mal fait ! Et puis toujours sur Internet (non, non, foi d’animal, je ne suis pas internaute mais on m’a tout raconté), y en a une autre bien bonne :

Exportons notre m...

Le maire de Las Vegas déclare que les Etats-Unis devraient essayer de trouver un pays du Tiers-Monde disposé à stocker les déchets nucléaires américains ! Selon lui, les nations les plus pauvres accueilleraient volontiers les millions de dollars que leur donnerait le gouverneur américain pour stocker les milliers de mètres cube de déchets radioactifs accumulés par les centrales nucléaires américaines. Et puis ensuite, avec ces sous, ces pauvres pourraient aisément acheter des tas de produits américains (ça, il ne l’a pas dit, mais je suis sûre qu’il y a pensé !!!). C’est un drôle de type, ce maire de Las Vegas, mais tout compte fait, pas plus drôle que nos nucléocrates helvétiques qui, selon un protocole d’intention secret publié par Greenpeace il y a une année, avaient l’intention de faire retraiter et stocker définitivement leurs déchets radioactifs en Russie. Malheureusement pour eux, la Russie cesse purement et simplement le retraitement du combustible nucléaire moyennant 100 millions de dollars que leur refilent les Etats-Unis pour l’amélioration de la technique de sécurité des dépôts de déchets radioactifs. De bien braves types tout de même ces Amerloques ! Le cœur sur la main, toujours prêts à aider la veuve et l’orphelin ! Mon œil, voilà le fin mot de l’affaire : le retraitement produit du plutonium. Actuellement la Russie stocke 30 tonnes de plutonium venant de réacteurs civils soit l’équivalent environ de 3000 bombes atomiques. Les USA craignent donc que des pays tiers entrent en possession de ce plutonium pour en faire des bombes ! C.q.f.d !! D’ailleurs l’ambassadrice étasunienne a réprimandé les responsables des centrales suisses au sujet de ces funestes projets. Encore une qui voit la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre qui est dans le sien !

Anne-Cécile Reimann

 
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