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No 80, décembre 2005
No 80, décembre 2005
Publié le mardi 2 octobre 2007

Les mensonges d’AREVA

Selon la publicité de la multinationale du nucléaire Areva : un gramme d’uranium enrichi équivaut à huit millions de grammes de charbon (huit tonnes) : un moyen selon elle de « fournir beaucoup d’électricité avec peu de matières premières »*.

Mais, d’après le dictionnaire Robert, une matière première est définie comme : « non encore transformée par le travail et/ou par la machine ». Est-ce le cas de l’uranium enrichi ? Chaque tonne de la croûte terrestre contient en moyenne trois grammes d’uranium naturel. Ce lourd métal est composé de trois isotopes – même numéro atomique : 92, mais légère différence de densité. Des trois, seul le 235 est fissile, c’est à dire, capable de fournir de l’énergie… mais il ne représente que 0,72 % du total ! Pur, cet isotope sert à faire des bombes atomiques. Dans nos centrales électriques on se contente d’enrichir sa teneur -dans l’uranium naturel - d’environ 4,5 fois. Ce qui veut dire que pour obtenir ce gramme « enrichi » il faudra extraire, concasser, lessiver, traiter chimiquement puis mécaniquement – par diffusion gazeuse ou ultra-centrifugation - un peu plus de 1,5 millions de grammes. C’est à dire dépenser beaucoup plus d’énergie que ce gramme d’uranium n’en pourrait fournir. Et c’est très heureux comme cela. Car si la croûte terrestre en avait contenu en moyenne beaucoup plus, la vie n’aurait même pas pu apparaître.

On ne peut extraire l’uranium que dans des formations géologiques où le métal s’est concentré surtout dans certains granites ou le long de grandes discontinuités géologiques. Il se présente sous formes de deux cents différents minerais. Aucune mine n’est rentable à une teneur inférieure à deux pour mille. La France, après un demi siècle d’exploitation, a renoncé à extraire de l’uranium de ses minerais à faible teneur… mais en laissant sur le « carreau » plus de cinquante millions de tonnes de broyats non totalement dénués de radioactivité.

Avec cette concentration de deux pour mille, il faudra aux quatre coins du monde extraire, broyer et traiter environ vingt trois quintaux de roches pour obtenir un kilogramme d’uranium enrichi. Ajoutons que la dernière phase, celle de l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse mobilise, en France et à elle seule, l’électricité de quatre réacteurs nucléaires soit 21,3 milliards de kiloWattheure par an (21,3 TWh) pour l’alimentation de l’usine Eurodif. Cela donne tout de même l’équivalent de 354 KWh/an par Français. Pratiquement la moitié de la consommation annuelle par tête dans le résidentiel… chauffage et service de l’eau chaude exclus. Ces derniers quand ils sont assurés électriquement représentent un inadmissible gaspillage.

Assimiler l’uranium enrichi à des « matières premières » représente une véritable perversion du langage. Et n’oublions pas que tous les fascismes ou totalitarismes – techno ou pas – ont commencé par la perversion systématique du langage.

*Areva, publicité parue en avril 2005 dans tous les grands quotidiens et hebdomadaires français.

Bibliographie

Sur les minerais d’uranium et concentrés : consulter le Dictionnaire Quid 2005, p. 1694c. Sur Eurodif : ibid, pp. 1694 b et 1695 a.

 
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