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Tchernobyl
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Russie - Europe de l’Est
Journal par No :
No 83, octobre 2006
Auteurs :
Fabienne Gautier
No 83, octobre 2006
Publié le mardi 2 octobre 2007
  • Retombées de Tchernobyl : tous les coups sont permis
  • Interview de Serge Prêtre, ancien responsable de la sécurité nucléaire

Retombées de Tchernobyl : tous les coups sont permis

Après les plaintes des malades de la thyroïde et de la CRIIRAD, il appartient désormais à la justice française d’établir s’il y a eu négligence des autorités ou volonté délibérée de minimiser l’impact de l’accident de Tchernobyl sur le pays.

En France, l’ancien responsable du Service de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), Pierre Pellerin, a été mis en examen le 31 mai 2006 dans le cadre de l’enquête sur le passage en France du nuage de Tchernobyl en 1986. Le SCPRI avait pour mission de surveiller le niveau de contamination du territoire et d’alerter en cas de problème le ministère de la santé. Or, le 29 avril 1986, 3 jours après l’accident, il affirmait : « Aucune radioactivité anormale n’a été vue dans notre pays. »

De ce fait, aucune directive n’avait été édictée à l’époque dans l’hexagone pour protéger la population et, en 2001, 471 personnes ont déposé une plainte pénale contre X, estimant avoir été victimes de tromperie. L’association française des malades de la thyroïde et la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité) sont également plaignants dans cette affaire.

En 2001, la CRIIRAD publiait un « Atlas des contaminations radioactives ». Sur la base de plus de 3000 mesures réalisées partout en France, elle mettait en évidence une contamination très élevée pour tout le pays et principalement pour les régions orientales et la Corse.

Manipulations révélées

Dans ce contexte, l’Académie des sciences rendait publique, en 2003, une « Mise au point historique » sur Tchernobyl. Ce document, signé par 3 éminents professeurs, venait apporter son soutien à la thèse du SCPRI et était censé invalider celle de la CRIIRAD et dédouaner Pierre Pellerin.

Or, les écoutes téléphoniques mises en place dans le cadre de l’enquête viennent de révéler de manière formelle que les 3 experts ne sont en réalité que des prête-noms et que le document a été intégralement rédigé par ... Pierre Pellerin lui-même.

Cette persistance dans la désinformation de la part des défenseurs du nucléaire, entretenue au plus haut niveau de la hiérarchie, appelle à la vigilance. En Suisse aussi, les autorités de l’époque ont suivi les recommandations d’un « éminent spécialiste » et la protection de la population a été réduite au strict minimum, quoique prétende aujourd’hui l’ancien responsable de la sécurité nucléaire, qui continue d’ailleurs de sévir en toute impunité, avec la complicité des médias. En effet, le 25 avril dernier, Serge Prêtre déclarait au journal de la Télévision Suisse Romande : « Nous avons été touchés par un nuage qui avait perdu déjà 99% de sa radioactivité, (...) on n’était pas dans une situation d’urgence ». (Voir plus bas)

A quand une plainte des victimes de Tchernobyl en Suisse ?

Fabienne Gautier


25 avril 2006 – Journal de la télévision Suisse Romande

Interview de Serge Prêtre, ancien responsable de la sécurité nucléaire

Extraits :

La journaliste : - « Demain ce sera le jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Une triste commémoration dont on se souvient en Suisse, même si notre pays estime qu’un tel accident n’aurait jamais pu avoir lieu ici. Selon la Direction principale de la sécurité des installations nucléaires, la Suisse a tiré toutes les conséquences de cette catastrophe. Elle a notamment renforcé la sécurité des centrales suisses. Nous retrouvons maintenant en direct de Zürich M. Prêtre. M. Prêtre, vous avez été l’un des témoins clé à l’époque. Vous vous êtes occupé en Suisse des retombées de Tchernobyl. Alors, qu’est-ce qui a changé en 20 ans. Est-ce qu’on a vraiment fait des progrès ? »

Serge Prêtre : - « Beaucoup de choses ont changé en 20 ans. D’abord, au point de vue de la sûreté nucléaire, on a commencé à apprendre à découvrir les réacteurs soviétiques et en particulier le réacteur RBMK qui a eu l’accident à Tchernobyl et nous avons appris à voir le détail de ces réacteurs. Nous avons constaté qu’un tel type de réacteur ne serait pas acceptable en Suisse, ni dans aucun pays occidental. (...)

Concrètement, (...) il y a des espaces protégés pour la population et des tablettes d’iode ont été distribuées jusqu’à 20 km de distance. Beaucoup de choses ont été améliorées. Du point de vue de la sécurité, les améliorations vont dans la direction d’abord de plus prévenir l’accident, ensuite de maîtriser l’accident s’il se produit quand même. Il s’agit ensuite de réduire les conséquences si cet accident ne pouvait être maîtrisé complètement ».

La journaliste : - « Alors, Serge Prêtre, en Suisse aussi il y a 20 ans il a fallu laver les salades, laver les pommes de terre. Il y a eu beaucoup de recommandations à la population ».

Serge Prêtre : - « Oui, il y a beaucoup de recommandations. Mais il faut dire que nous avons été touchés par un nuage qui, le long du chemin avait perdu déjà 99% de sa radioactivité. Donc, c’était le reste d’un nuage radioactif qui se déposait sur la Suisse et il a fallu décider si l’on donnait des interdictions, mais on n’était pas dans une situation d’urgence. On a donc choisi de donner des recommandations par exemple de ne pas boire d’eau de citerne, de ne pas boire de lait de brebis ni de fromage de brebis, de ne pas boire de lait frais pour les enfants en bas âge et les femmes enceintes. (...)

www.swisspolitics.org

 
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