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Déchets - Retraitement
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No 83, octobre 2006
No 83, octobre 2006
Publié le lundi 15 octobre 2007

Décibels contre la poubelle

Tel était le titre donné à la seconde édition du Festival de Bure (Meuse), organisé les 28, 29 et 30 juillet dernier par la Coordination Nationale des collectifs contre la future poubelle nucléaire souterraine en voie de construction sur ce plateau désertique situé à cheval entre Lorraine et Champagne. Plus de 1000 personnes avaient fait le déplacement pour faire la fête, certes, mais aussi et surtout pour manifester leur opposition à l’enfouissement des déchets radioactifs. Ce projet mortifère auquel il faut absolument faire barrage avant que l’irréparable ne soit commis !

Avant de laisser la plume à Chaïm qui a participé au festival, voici quelques rappels pour planter une nouvelle fois le décor :

1994 : arrivée du projet de « laboratoire de recherches géologiques » en vue de l’enfouissement des déchets hautement radioactifs à vie longue en Meuse/Haute-Marne. Durée de vie des déchets concernés : des milliers, voire millions d’années.

1999 : lancement par décret du chantier de Bure dans le sud meusien, à la limite de la Haute-Marne.

Jusqu’à fin 2004, seuls des travaux miniers de reconnaissance du terrain sont entrepris.

2005 : les véritables travaux de recherches s’effectuent sur le site de Bure, pendant cette seule année. Une année d’étude pour déterminer si le sous-sol arrivera à contenir la radioactivité de déchets pendant des millénaires !

15 juin 2006 : une nouvelle loi reposant sur une argumentation scientifique pourtant controversée (failles dans les couches argileuses du sous-sol générant une circulation d’eaux potentiellement radioactives) est votée par une petite poignée de député-e-s à l’Assemblée Nationale. Elle donne le feu vert à l’enfouissement. Cette loi autorise donc l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) à poursuivre ses travaux de recherches dans le laboratoire actuel et fixe à 2015 la date du nouveau débat qui portera sur la question de la réversibilité après l’entreposage en profondeur (possibilité d’aller récupérer à tout moment les déchets enfouis). L’ANDRA va donc pouvoir mettre à profit ce laps de temps pour, sous couvert de pseudo recherches dans le laboratoire actuel, creuser de nouveaux puits dans une zone de 200 km au nord de Bure, processus marquant bien la décision d’enfouir impliquant le risque de contamination d’une bonne partie du territoire avec extension sous les vignes de Champagne jusqu’au bassin parisien du fait de la circulation souterraine des eaux issues des aquifères locaux.

2015 : on entérinera officiellement et définitivement l’enfouissement en statuant sur la durée d’une réversibilité hypothétique.

2025 : mise en service du site déclaré opérationnel.

Bien joué ! Seulement voilà : il faut compter avec la résistance sans faille des opposant-e-s à ce funeste projet. Sur place, on s’organise et avec quelle pugnacité ! Une pétition circule pour exiger que la population concernée soit consultée par référendum sur le sujet. Elle est signée par près de 60.000 personnes. Les militant-e-s ont rencontré personnellement chaque signataire en faisant du porte à porte dans plus de 500 communes ! « Bure Zone Libre » (BZL) c’est le nom de la maison que les opposant-e-s ont achetée pour en faire le véritable cœur de la résistance. Située dans le village même de Bure, au beau milieu de la zone délimitée par l’ANDRA pour y « poursuivre ses recherches », c’est-à-dire pour creuser son centre d’enfouissement. Autant dire que cette maison se trouve en première ligne pour combattre les fossoyeurs de Bure dans les années à venir. Les travaux d’aménagement de BZL sont effectués par des bénévoles qui ne ménagent pas leur peine pour améliorer l’état des lieux.

A ContrAtom, nous sommes de tout cœur avec les résistant-e-s de Bure et avons plusieurs fois participé aux manifestations organisées sur place. Cette Terre c’est notre affaire à tous !

Anne-Cécile

Un dépôt de déchets hautement radioactifs à Bure ? Rien n’est encore joué

Ma fille et moi sommes allés à Bure en été 2006, pour revoir nos amis rencontrés là bas lors de la première manif et faire le point avec eux. Quel plaisir de voir tous ces antinucléaires, fermes et bien organisés, clairs et modérés, tenir tête au pouvoir français, et avec une chance non négligeable de l’emporter en fin de compte ! Quel plaisir pour moi aussi, sur un plan personnel, de voir que je pouvais encore dormir à la belle étoile et me réveiller sans trop de courbatures !

Que de bonnes surprises

La bouffe et le camping étaient super bien organisés, le mouvement était clair : les militant-e-s sont en train de discuter avec les autorités, ils gagnent même un peu de terrain et ils se renforcent. Il n’est pas du tout impossible qu’ils gagnent pour finir : les procédures sont longues et coûteuses, il n’y aura pas de déchets à Bure avant 20 ans. Les experts de la CRIIRAD et des comités locaux ont en partie convaincu les autorités du site qu’il était urgent de repenser le projet, de manière à le rendre au moins partiellement réversible, une vieille revendication des antinucléaires : plutôt que d’enterrer ces poisons terribles, à très longue durée de vie, bouillonnants de fureur radioactive, au moins stockez-le en attendant de trouver peut-être une meilleure solution, stockez-les de manière à pouvoir les récupérer et les retraiter, si un jour on apprenait à le faire ! Ca vaudra mieux que de les léguer aveuglément à nos descendants…

Nous avons rencontré Roland Desbordes, le président de la CRIIRAD, qui nous a très gentiment accueillis, nous avons parlé avec lui du plus grand succès de la CRIIRAD selon lui, un épisode que je connaissais mal, lorsqu’ils ont réussi à éviter que les normes de radioactivités soient abaissées pour la ferraille des casseroles par exemple, le gouvernement voulait obtenir qu’on puisse mettre un tout petit peu de déchets radioactifs dans la ferraille, en calculant que les gens n’en souffriraient pas puisque les taux seraient très bas. On sait que la polémique sur les petites doses a finalement fait reculer le gouvernement sur cette question.

Chaïm

 
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