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Articles par thèmes :
LENu
Articles par pays :
Suisse
Journal par No :
No 59, juin 2001
Auteurs :
Anne-Cécile Reimann
No 59, juin 2001
Publié le vendredi 28 septembre 2007

Suisse : option nucléaire, en avant toute !

Y’a quelque temps, y’en avait qui disaient comme ça, l’air étonné : « Comment ContrAtom, ça continue ? Mais pourtant, Superphénix, c’est fini » Puis, y’en avait d’autres qui disaient encore comme ça : « La lutte antinucléaire ? C’est un combat d’arrière garde, le nucléaire va s’éteindre de lui-même » Et il y avait aussi les journaux qui titraient comme ça : « Le nucléaire en Suisse, c’est fini, le Conseil Fédéral a signé son arrêt de mort ! »

Pour un peu, on s’y serait cru, et d’ailleurs beaucoup s’y sont laissés prendre, abandonnant derechef le mouvement antinucléaire ! Mais voilà, c’était sans compter sur la capacité phénoménale qu’ont nos autorités fédérales et le sieur Moritz Leuenberger en particulier à retourner leur veste !

Pas plus tard qu’au mois de mars dernier le Conseil Fédéral annonçait qu’il rejetait nos deux initiatives antinucléaires « Sortir du nucléaire » et « Moratoire Plus » pour leur opposer une nouvelle loi : la LENu (loi sur l’Energie Nucléaire). Or cette nouvelle loi est proprement scandaleuse ! Elle dégouline d’optimisme pro-nucléaire et présente tous les aspects d’une profession de foi en l’atome. Le sieur Leuenberger, qu’on entendait, peu de temps auparavant, clamer par monts et par vaux qu’il n’y aurait plus jamais de nouvelles centrales nucléaires en Suisse, change complètement de ton : « Toute nouvelle construction de centrale nucléaire peut être soumise à référendum » déclare-t-il, ce qui ne signifie tout de même pas tout à fait la même chose !

Dans la foulée, le Conseil Fédéral renonce à fixer un délai pour la durée d’exploitation de nos vieilles casseroles nucléaires : durée illimitée des exploitations jusqu’à mort naturelle des installations : on est joli ! Mühleberg est lézardée depuis belle lurette, les fissures sur la jupe du cœur ne cessent de s’étendre. La dernière fois que j’ai eu des nouvelles, on en était à 2m en longueur (en plusieurs petits bouts), mais il semblerait que cela se soit encore aggravé et que cela gagne aussi en profondeur. Pas de panique, jusqu’à 3m50, aucun danger, parole d’expert ! Et puis le tout est soigneusement rafistolé avec des agrafes !

A Beznau, c’est pas plus rigolo, c’est les barres de combustible qui ont subi de graves avaries il n’y a pas longtemps !

Quant à Gösgen, l’exploitant recourt contre les mesures de sécurité que la Confédération cherche à imposer sous prétexte que les investissements qu’elles impliquent ne peuvent que nuire à la capacité concurrentielle !

Le tableau est plutôt noir ! Mais le pire dans toute cette affaire, c’est que ces centrales ne cessent de produire leurs tonnes de déchets radioactifs, ces déchets monstrueux dont personne ne veut, dont on ne sait que faire et que nous nous apprêtons à fourguer allègrement aux suivants ! Quel héritage ! Nous détenons ainsi le triste privilège d’être les premiers dans l’histoire de l’humanité à léguer aux générations futures des déchets à surveiller pendant des millénaires. Mais quel monde allons nous laisser à nos enfants ! Cette honteuse perspective devrait à elle seule suffire à détourner les nucléocrates de leur funeste entreprise ! Mais, c’est oublier évidemment que la moralité n’est pas le premier souci du lobby nucléaire et de nos autorités fédérales.

Le message du Conseil Fédéral qui accompagne la proposition de rejet de nos initiatives est particulièrement écœurant et révoltant : le côté économique est sans arrêt mis en avant et privilégié par rapport aux facteurs des risques immenses que représente le nucléaire : en bref, c’est l’économie d’abord, la sécurité des citoyens, c’est tout à fait secondaire !

Nous devons cependant bien garder présent à l’esprit que la gestion de notre terre et de notre avenir n’est pas l’apanage des seuls politiciens, technocrates ou économistes. Nous aussi, habitants de la planète, avons notre mot à dire ! Nous aussi faisons l’histoire. La terre c’est notre affaire à tous et il ne sera pas dit que nous la laisserons ficher en l’air pour un peu d’électricité.

On n’a de droits que ceux qu’on sait défendre.

C’est donc aussi à nous de jouer, à nous de tout mettre en œuvre pour que la votation populaire sur nos initiatives et sur le projet de loi du Conseil Fédéral, qui aura lieu d’ici deux ans, tourne en notre faveur. Cette votation revêt une extrême importance pour l’avenir. Elle déterminera ou non l’amorce d’une sortie du nucléaire.

Nous avons besoin de vous toutes, de vous tous pour mener à bien ce combat ! Au boulot, mes amis, retroussons nos manches, il y a du pain sur la planche. Unissons nos forces, mobilisons notre entourage, portons le mouvement antinucléaire à la hauteur de ses objectifs !

  • Les centrales nucléaires doivent être fermées !
  • Nous devons enfin sortir de l’ère nucléaire !
  • Nous devons absolument gagner ce combat
  • Nous n’avons pas le choix : l’Avenir sera dénucléarisé ou ne sera pas !
  • Vive la résistance antinucléaire !

Anne-Cécile

 
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